Exerçant en libéral, qu’il s’agisse d’infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues ou orthoptistes, vous cotisez automatiquement à la CARPIMKO, mais savez-vous précisément ce que couvre cette caisse ? Ce guide essentiel vous éclaire sur les aspects clés de la CARPIMKO, afin de mieux comprendre :
- Qui est concerné par cette caisse et quel est son rôle dans le régime social des auxiliaires médicaux libéraux ;
- Les différents régimes obligatoires qu’elle gère, notamment pour la retraite, l’invalidité et l’avantage social ;
- Le fonctionnement précis des cotisations, leur base de calcul et les modalités de versement ;
- La gestion des droits à la retraite et comment simuler ses prestations pour anticiper son avenir ;
- Les garanties en cas d’arrêt de travail, avec un focus sur l’indemnisation et ses limites ;
- Les démarches d’affiliation et la gestion pratique de votre espace personnel CARPIMKO.
Ce panorama complet vous invite à maîtriser la protection sociale liée à l’exercice libéral et à préparer sereinement votre parcours professionnel et financier.
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CARPIMKO : la caisse de retraite et de prévoyance des auxiliaires médicaux libéraux
La CARPIMKO est la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des auxiliaires médicaux libéraux tels que les infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues et orthoptistes. Elle constitue une des dix sections professionnelles de la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales). Son affiliation est obligatoire dès l’installation en exercice libéral dans l’une de ces professions.
Créée en 1948, elle regroupe aujourd’hui environ 300 000 professionnels de santé dans toute la France métropolitaine et les départements d’outre-mer, soulignant son rôle majeur dans la protection sociale des travailleurs indépendants.
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Notons que seuls ces métiers spécifiques relèvent de la CARPIMKO. Par exemple, un médecin ou un pharmacien libéral cotise auprès d’une autre section. L’affiliation à la CARPIMKO se fait automatiquement et doit être régularisée dans les 30 jours suivant la création de l’activité.
Les quatre régimes gérés par la CARPIMKO : une couverture étendue
La CARPIMKO administre quatre régimes distincts qui composent le régime social des auxiliaires médicaux en libéral :
- La retraite de base : un régime par annuités aligné avec celui des professions libérales, géré conjointement avec la CNAVPL ;
- La retraite complémentaire : un système par points propre à la CARPIMKO, constituant la majorité de la pension effective ;
- Le régime invalidité-décès : il couvre les risques d’incapacité permanente partielle ou totale ainsi que le décès, avec une pension de réversion pour le conjoint survivant ;
- L’Avantage Social Vieillesse (ASV) : réservé aux professionnels conventionnés avec l’Assurance Maladie, cette prestation bénéficie d’une prise en charge à hauteur de deux tiers par la CPAM.
Ces régimes fonctionnent de manière complémentaire pour assurer une couverture globale en matière de retraite et de protection sociale.
Comprendre les cotisations sociales et leur impact en 2026
Les cotisations sociales sont la contrepartie financière indispensable à la construction de vos droits retraite et à la couverture en cas d’aléas professionnels. Leur calcul repose en 2024 sur des tranches de revenus précises :
- Retraite de base : 8,23 % sur la tranche jusqu’à 46 368 € (1 PASS), ensuite 1,87 % sur les revenus compris entre 46 368 € et 231 840 € (5 PASS) ;
- Retraite complémentaire : part forfaitaire de 2 312 € par an, additionnée d’une part proportionnelle de 3 % appliquée aux revenus entre 25 246 € et 237 179 € (revenus N-1).
La valeur d’achat du point de retraite complémentaire est de 272 € en 2024, la part forfaitaire donnant droit à 8 points par an à partir de 2025.
Pour un kinésithérapeute moyennement rémunéré autour de 50 000 € annuels, la quantité de points acquis chaque année reste modeste, imposant une carrière complète pour percevoir une pension complémentaire significative.
Âge de départ et majorations spécifiques
En 2026, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Il faut totaliser 172 trimestres cotisés pour prétendre au taux plein, un seuil élevé qui appelle à une gestion rigoureuse de sa carrière.
Les auxiliaires médicaux ayant élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de 10 % sur leur pension totale, un avantage précieux pour ceux qui combinent vie professionnelle et familiale.
En cas de décès, la pension de réversion versée au conjoint s’établit à 54 % de la pension de l’adhérent, soumise à conditions d’âge et de ressources. Ce filet de sécurité, souvent peu anticipé, mérite une attention particulière lors de la préparation de votre protection sociale.
Simuler et anticiper ses droits à la retraite avec la CARPIMKO
La CARPIMKO propose un espace personnel en ligne, facilitant la consultation de vos relevés de carrière et la simulation de vos pensions. Le calcul repose sur la multiplication des points acquis par la valeur de service du point, variable chaque année.
Pour avoir un ordre d’idée, un kinésithérapeute ayant cotisé 30 ans avec un revenu annuel moyen de 55 000 € aura cumulé environ entre 600 et 800 points complémentaires. Avec une valeur de service du point proche de 2,70 €, cela garantit une pension complémentaire brute d’environ 1 600 à 2 200 € par an, à laquelle s’ajoutent les autres régimes.
Un outil de simulation plus complet, combinant vos revenus, vos cotisations et toutes vos activités (salariées antérieures comprises), reste conseillé pour une planification patrimoniale optimale.
Tableau résumé des cotisations et prestations CARPIMKO en 2026
| Régime | Base de cotisation | Taux ou montant | Prestations principales |
|---|---|---|---|
| Retraite de base | Jusqu’à 46 368 € / 1 PASS + tranche sup. jusqu’à 231 840 € / 5 PASS |
8,23 % puis 1,87 % | Pension calculée par annuités |
| Retraite complémentaire | Forfait : 2 312 € + 3 % sur tranche 25 246 €–237 179 € |
Valeur d’achat point : 272 € | Pension par points, majoritaire |
| Invalidité-décès | Revenus déclarés | Indemnités journalières & pension de réversion (54 %) | Garantie contre incapacité et décès |
| Avantage Social Vieillesse (ASV) | Conventionnés CPAM | Prise en charge 2/3 par CPAM | Aide financière pour auxiliaires conventionnés |
Arrêt de travail : indemnités et limites du dispositif CARPIMKO
Depuis juillet 2021, les indemnités journalières sont prises en charge par la CPAM du 4e au 90e jour d’arrêt, basées sur 1/730e du revenu annuel moyen d’activité, plafonné à 141 300 € en 2025.
Au-delà du 90e jour, c’est la CARPIMKO qui verse une indemnité journalière à hauteur de 55,44 € en 2026 pour une durée maximale de 1 005 jours consécutifs.
Cette indemnisation, fixe et indépendante des revenus réels, peut représenter un taux de remplacement faible : pour un kinésithérapeute gagnant 70 000 € par an, cela correspond à environ 192 € de revenus journaliers contre 55 € reçus, soit un taux inférieur à 30 %.
La majoration pour enfant à charge a diminué récemment, passant de 16,63 € à 8,06 € par jour, réduisant ainsi le soutien financier pour les professionnels en arrêt avec enfants.
C’est pourquoi le recours à une prévoyance complémentaire privée est vivement recommandé. Elle permet d’ajuster votre couverture aux charges spécifiques de votre cabinet et d’opter pour un délai de franchise adapté à votre situation.
Les étapes pour s’inscrire et gérer son espace affilié CARPIMKO
L’affiliation doit être réalisée dans le mois suivant le début d’activité, avec les justificatifs habituels : inscription à l’ordre, carte d’identité, coordonnées bancaires pour les prélèvements.
L’accès à votre espace personnel sur le site CARPIMKO vous donne le contrôle sur vos données personnelles, vos cotisations, et vos déclarations de revenus annuelles, qui sont la base du calcul des cotisations proportionnelles.
Un suivi rigoureux évite les erreurs et retard qui peuvent avoir un impact négatif sur votre future pension. On recommande de vérifier annuellement les données et de corriger toute incohérence rapidement.




